Faut-il retraiter les combustibles irradiés ?

Cette question est loin de faire l'unanimité. De nombreuses associations d'écologistes y sont opposées et réclament leur stockage en l'état.

Quels sont les pays qui retraitent ?

En Suède, les combustibles ayant servi dans un réacteur nucléaire sont considérés comme des déchets et stockés définitivement en l'état. Aux Etats-Unis, leur stockage est provisoire dans l'attente d'une décision quant à leur devenir. D'autres pays, en revanche, comme la France et la Grande-Bretagne, ont choisi de les retraiter. A l'origine, ce choix avait pour but la récupération du plutonium à des fins militaires. Mais depuis, les motivations ont changé.

Le devenir civil du plutonium

Le retraitement consiste à trier les substances radioactives contenues dans les combustibles irradiés. Son objectif est de diminuer le volume des déchets tout en recyclant l'uranium et le plutonium, matériaux fortement toxiques mais à haute valeur énergétique. L'uranium est réutilisé comme combustible dans les réacteurs. Le plutonium sert également aujourd'hui à la fabrication d'un nouveau combustible, formé d'un mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium et appelé le MOX, déjà utilisé dans certains réacteurs français.

Au service des pays étrangers

A l'usine de retraitement de La Hague, dans le Cotentin, on ne se contente pas de retraiter les combustibles irradiés français. Des contrats ont été signés par la société Cogéma pour retraiter aussi ceux de l'Allemagne et du Japon, et plus récemment pour fabriquer, dans l'usine de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, le combustible MOX allemand. Cela aura pour conséquence la mise en service prochaine d'une nouvelle usine de fabrication de MOX à MArcoule (Gard). CEtte politique française de service est unanimement condamnée par les écologistes.

Les objections au retraitement

Elles sont multiples. L'opération ne présente aucun avantage économique reconnu. Elle conduit en revanche à l'obtention de plutonium dont le stock mondial, en augmentation constante, est déjà préoccupant. Par ailleurs, la mise en oeuvre du retraitement augmetne les risques nucléaires potentiels pour l'homme et son environnement et elle est elle-même génératrice de déchets. Enfin, le retraitement des combustibles étrangers pose le délicat problème de la sécurité du transport du plutonium, aussi bien en termes de détournement que de pollution. On se rappelle les protestations déclenchées par l'arrivée du cargo l'Akatsuki Maru, venu charger, à Cherbourg en 1992, une tonne et demie de plutonium à destination du Japon. Mais si les transports maritimes sont les plus spectaculaires, de nombreux transits, plus discrets mais plus nombreux, s'effectuient sur les routes. Ainsi en 1995, pas moins de 83 convois de plutonium auraient sillonné la France dont 23 à destination ou en provenance de l'étranger. Dans quelles conditions s'effectuent-ils ? Les autorités restent très discrètes à ce sujet.

En dépit de vives protestations, la France a adopté pour politique de gestion des déchets nucléaires le retraitement des combustibles irradiés français et étrangers et la fabrication de combustible au plutonium.

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